Puis, comme je l’ai dit, il y a cet imaginaire de l’Alger révolutionnaire, de la Mecque des révolutions dans les années 1960, c’est un peu cet espoir secret qui se réveille maintenant, et cela fait peur au pouvoir.

Nous avons tous des trajectoires et des raisons différentes de se retrouver Gilets Jaunes, mais au moins, nous partons tous du même sentiment : cela fait trop longtemps qu’on nous force à marcher sur un petit fil, trop longtemps qu’on se joue de nous.

Pendant que la presse nationale est occupée à gloser sur la déraison des gilets jaunes qui accueilleraient des casseurs, l’extrême droite la plus crasse tente de s’approprier l’élan du mouvement, la gauche des syndicats se jette très timidement dans la bataille et une certaine autonomie, pourtant révolutionnaire, ne sait pas comment se rattacher à un phénomène qui la dépasse.

De cette ville, du lien multiséculaire qui existe entre ce qui s’y décide et ce qui s’y diffuse dans le pays, on a tout dit. Paris s’est construite comme capitale de la société tout au long de la monarchie absolue et les révolutionnaires qui en héritèrent ne se sont pas démenés pour se passer de cet outil formidable qu’est Paris.

Un peu plus d’un mois s’est écoulé depuis que l’État mexicain a célébré la plus triste et grotesque des fêtes : l’élection présidentielle. Si quelque chose est capable de réunir ce que notre frontière réciproque s’efforce de séparer, c’est bien ce sentiment de l’absurde vis-à-vis du panorama électoral.